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La 3D à l'honneur sur Imagina

Imagina accueillait cette année des conférences très spéciales, puisque résolument axées sur la 3D Relief et ses applications dans monde cinématographique et vidéoludique. La première conférence dédiée à Avatar réunissait ainsi Nolan Murtha, responsable des effets spéciaux sur Avatar le film, Xavier Rang chef de projet animation sur Avatar le jeu, et Fabien Roth senior marketing Manager chez Panasonic. La seconde conférence elle, fut plus axée sur l’utilisation de la 3D dans tous type de production, mais également et surtout des dangers de la 3D.


Depuis l’avènement d’Avatar, et la révolution de la 3D Relief qui a suivi, le marché de loisirs se devait de répondre à la demande croissante de 3D Relief, aussi bien au cinéma qu’à la maison. C’est ainsi que la Blu-Ray Disc Association a créé il y a peu la nouvelle norme Blu-Ray 3D, et que les constructeurs annoncent en masse depuis le CES de nombreux téléviseurs compatible 3D. Comme l’explique Fabien Roth de chez Panasonic, le marché  arrive à un point de non-retour, la compétitivité sur le marché des écrans plats se faisant de plus en plus féroce, les constructeurs font face à une érosion de la valeur, qui entraîne des marges de plus en plus difficiles à maîtriser. La 3D intervient donc, entre parenthèse, comme une nouvelle option qui devrait redonner une forte dynamique au marché des téléviseurs, mais aussi des lecteurs Blu-Ray, informatique et jeu vidéo.

« La 3D ne se démocratisera cependant pas tout de suite, nous en sommes pleinement conscient vu l’investissement nécessaire entre un nouveau téléviseur et un nouveau lecteur » souligne-t-il. Effectivement, en regardant actuellement les prix annoncés par les constructeurs sur les téléviseurs 3D aux alentours de 3000-4000€, ce à quoi il faut rajouter le prix d’un nouveau lecteur Blu-Ray (sauf la Playstation 3 qui sera compatible via mise à jour firmware), le coût d’ensemble demeure encore assez élevé pour des foyers venant tout juste de passer à la Haute-Définition. Par contre, les studios eux répondent parfaitement bien à l’avènement de la 3D comme la 20th century Fox, Warner, ou encore des chaînes de télévisions qui ont annoncés commencer à diffuser du contenu 3D dès cette année, comme Canal +, Sky ou Eurosport.

 

Avatar le jeu

Xavier Rang, chef de projet animation sur Avatar le jeu, ayant précédemment travaillé sur des productions reconnues comme la série Ghost Recon, ou la saga Alone in the Dark, nous a ici fait part de la collaboration entre le studio de développement interne d’Ubisoft avec les équipes d’Avatar le film, et de James Cameron lui-même, qui a apporté une aide constante tout au long du processus de création du jeu.
Le réalisateur a ainsi fait valoir sa vision du jeu au fur et à mesure de l’évolution de celui-ci, à fourni l’expertise de certaines personnes travaillant sur le film, parfois même pendant plusieurs heures. Pour l’anecdote James Cameron a même récupéré une idée provenant du jeu, les tenues portées par l’armée dans le film et le jeu, viennent en fait directement du jeu vidéo, le réalisateur a ainsi demandé de pouvoir récupérer les rendus 3D de ces tenues pour les intégrer au film.

Concernant la 3D Relief, Avatar le jeu est compatible avec le système Nvidia 3D Vision auquel nous nous sommes essayés, et qui pour le coup apporte une très belle immersion au sein de Pandora, la difficulté ayant été ici d’afficher une constante d’image de 30 img/s en vision stéréoscopique.

 

Avatar le film

Nolan Murtha, responsable des effets spéciaux, s’est quand à lui attardé sur le processus de réalisation du film, qui fut sincèrement un défi de tout premier ordre. L’homme nous a ainsi parlé des conditions de tournage, avec le jeu des acteurs équipés de capteurs sur le visage, sur le corps, d’une mini caméra faciale, le tout tourné sur fond vert. James Cameron pouvant ainsi voir le résultat directement sur moniteur puisque le processus permet une visualisation instantanée pendant le tournage. Le tour de force reste ici ce système de visualisation directe, mais également le fait de pouvoir intégrer à n’importe quel moment un élément de décor quelqu’il soit, comme déplacer une montagne, placer plus d’arbres… impressionnant. Le second tour de force réside tout de même dans le contrôle direct des angles de caméra, le système utilisé par James Cameron lui permettait ainsi d’avoir le contrôle sur chaque angle de caméra, aucune informatisation du cadrage dans 99% des plans. Signalons également que ce système de tournage diminue aussi le taux de répétition des scènes, un gain de temps significatif lors d’un tournage.

 

La 3D dangereuse pour la santé?

La révolution 3D relief est en marche, tout le monde l’a compris, mais la 3D présente aussi ses désavantages comme nous l’avons vu en seconde partie de conférence, notamment avec Philippe Gérard, directeur de 3DLized. Pour information, 3DLized est la société à l’origine de l’animation d’introduction à la vision d’un film en 3D Relief, avec pour mascotte un petit bonhomme bleu, cette animation est visible dans la grande majorité des salles de cinéma françaises. Le champ d’application de la 3D de son entreprise est varié, cela va de l’aide à la réalisation 3D, au cinéma d’animation en passant par la conversion de films 2D en 3D. Mais ce sur quoi Philippe Gérard a très lourdement insisté, images et vidéos en 3D relief à l’appui lors de cette conférence, c’est que la 3D peut également représenter un danger pour la santé. La compétitivité des technologies 3D Relief pourrait ainsi amener plusieurs problématiques s’il n’existe pas une charte de la 3D Relief. Pour expliquer rapidement le constat, la 3D relief s’appuit sur des effets de profondeurs, ainsi que sur les effets de jaillissements, ce sont ces derniers qui peuvent poser problème, en présentant un objet sortant de l’écran.

Exemple à l’appui, nous avons assisté à un spot publicitaire ou une jeune femme tend à l’écran un verre de vin, l’effet de jaillissement est ici perceptible, ce à quoi vient se greffer un second effet de relief présentant la marque du produit, personne dans la salle n’a pu supporter l’effet plus de quelques secondes. Comme il l’explique, nous voyons avec nos yeux mais surtout avec notre cerveau, il est ainsi important de prendre garde à ne pas faire n’importe quoi avec la 3D. A partir d’un moment, le cerveau ne pouvant plus supporter ce type d’images, ou de nombreux effets de jaillissement à répétitions sont utilisés. Cela n’a pas d’incidence sur la santé, mais démontre un grand inconfort, un film d’action usant et abusant de nombreux effets 3D en tout genre avec effets de jaillissements, et effets de profondeur réunis, font tout simplement saturer le cerveau qui dès ce moment-là s’auto protège en faisant une simple mise au point 2D.

Ce discours tenu par Philippe Gérard est appuyé par des études très sérieuses commandées par sa société 3DLized, s’appuyant sur des tests cognitifs, physiopsychologiques et neuronaux, les résultats de réaction d’un cerveau sont ainsi analysés via un électro-encéphalogramme.

Il prend ainsi l’exemple d’un film comme Destination Finale 4, utilisant beaucoup d’effets de jaillissements jusqu'à en devenir visuellement problématique, mais aussi des exemples plus positifs comme Là-Haut (seules quelques scènes sont en 3D) ou Avatar qui utilisent surtout des effets de profondeur pour ne pas fatiguer la spectateur, sur un film de 2h40 la chose étant primordiale puisque sur une telle longueur, impossible de tenir le spectateur aussi longtemps en salle, les films faisant un pari contraire prendront eux le risque de perdre de l’audience.

Philippe Gérard connaît parfaitement son sujet, et se bat actuellement pour arriver à imposer une charte de la 3D relief, qui pourrait à terme, complètement perdre son public si les studios de cinéma, jeux vidéo (ou la 3D est encore plus difficile à gérer) ou chaînes de télévision ne prennent pas en compte ces données.

Publié le 8 février 2010