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La survie de l'industrie musicale passe par les réseaux sociaux

A l’occasion du MIDEM, Forrester publie le diagnostic de santé de l’industrie musicale et dessine les grandes tendances du secteur dans les années à venir. Et ce, par le biais d'une enquête menée auprès de 14 000 consommateurs européens et 170 entretiens avec des cadres dirigeants du secteur musical.


Dans cette étude, Mark Mulligan explique notamment comment l’industrie musicale doit réagir au passage "de l’ère de la distribution à celui de la consommation", pour se reconstruire alors que la décennie numérique l’a amené à la crise qu’elle traverse aujourd’hui. L'an dernier encore, effet, les revenus des maisons de disques européennes et américaines ont chuté. Elles aujourd'hui gagnent 58% de moins qu'il y a dix ans. Leurs revenus sont en effet passés de 25,6 milliards d'euros en 2000 à 10,8 milliards d'euros fin 2009.


Il y a dix ans, l'industrie musicale exploitant un modèle extrêmement simple qui se bornait à la simple vente de disques, le CD en tête. Dix ans plus tard, la musique numérique, la prolifération des systèmes d'écoute portables, les possibilités de connexion à Internet, les modes de consommation et les mentalités ont évolué et ont fait chuté les ventes de CD. Aujourd'hui, les utilisateurs ont pris le contrôle de leur musique. Les CD peuvent se ripper, les pistes se numériser dans différents formats et s'échanger facilement (sur Internet, en Bluetooth, sur clé USB, etc.), sans que les maisons de disque n'aient le moindre contrôle sur ce processus.


La prolifération des services gratuits (comme Kazaa ou YouTube) a également incité les utilisateurs à se demander pourquoi ils auraient à payer pour de la musique alors qu'ils peuvent écouter gratuitement à peu près partout. Le plus importants, c'est que les utilisateurs sont devenus plus exigeants et veulent désormais décider eux-même de tout. Ils veulent choisir le titre à écouter, le dispositif sur lequel ils souhaitent l'écouter, le moment et l'endroit. Ils exigent donc des services à la demande extrêmement flexibles.


L'arrivée de l'iPod et l'iTunes Store il y a quelques années a permis de mettre un peu d'ordre sur ce marché de la musique numérique en proie au piratage, mais le modèle du paiement à l'acte (à 0,99 euro/le titre) imposé par Apple ne permet toujours pas aux maisons de disque de compenser les pertes liées à la baisse des ventes de CD.


Mark Mulligan invite donc désormais les maisons de disque à repenser leurs modèles économiques concernant la distribution de musique numérique, à être plus audacieuses, à innover afin d'attirer les consommateurs, de rendre la consommation musicale plus facile, plus interactive et plus qualitative. « Il faut améliorer l'expérience utilisateur » note-t-il.


Les artistes aussi ont un rôle à jouer. Ils doivent devenir les partenaires de leur succès et pas uniquement être des simples « employés » ou les « produits » d'une maison de disque. Les éditeurs doivent ainsi travailler de manière plus étroite et plus intelligente avec eux afin de leur donner une réelle valeur. Certains éditeurs proposent même de les rétribuer plus généreusement afin de les encourager à devenir de véritables artisans de leurs succès. « Peut-être qu'en ayant plus à gagner, mais aussi plus à perdre, les artistes travailleraient plus durs pour assurer leur succès » explique Guy Hand, le patron d'EMI.


Enfin, Mark Mulligan insiste sur le fait qu'il est important de profiter de l'audience et du succès des réseaux sociaux et des outils de réseautage en général. « Les réseaux sociaux redéfinissent complètement la relation entre les artistes et leur auditoire » explique-t-il, « cela a d'ailleurs permis de créer de nouvelles voies pour faire émerger certains artistes et générer de nouvelles sources de revenus pour les maisons de disques ».


Pour lui, le succès des services musicaux dépendra de la mobilisation croissante du public autour des réseaux sociaux.

Publié le 27 janvier 2010