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Samsung se doit d'être présent sur le marché du smartphone : interview de David Eberle, Directeur de la Division Mobile de Samsung France


David Eberle est le Directeur de la Division Mobile de Samsung France, en charge des activités vente, marketing, distribution des produits de téléphonie mobile. Samsung envisage cette année de maintenir, voire d'augmenter sa part de près de 40% du marché en France, et de commercialiser davantage de mobiles que son score de l'année dernière, soit 10 millions de mobiles. Rencontré à la veille du lancement du Wave et du Galaxy S, David Eberle nous dévoile son analyse du marché et les atouts des nouvelles gammes.

" Alors qu'il y a 10 ans que nous sommes arrivés sur le marché français, en commençant bien sûr très petit, nous en sommes aujourd'hui le n°1, avec près de 40% de parts de marché. Nous avons commercialisé l'année dernière à peu près 10 millions de mobiles sur le marché français, et cette année nos objectifs sont de commercialiser encore davantage de téléphones portables et de maintenir cette part de marché, voire de l'amplifier ".

Le marché mondial, européen, français est en train de basculer vers un marché de smartphones, souligne le Directeur de la Division Mobile de Samsung France. " Samsung se doit absolument d'être présent sur ce marché en forte croissance, c'est pourquoi nous avons préparé de longue date le lancement de plusieurs produits, qui, pour les premiers, sont intervenus en début d'année, et, pour les suivants, à partir du mois de juin, avec un premier produit typiquement Samsung, c'est-à-dire élaboré et conçu entièrement par nos ingénieurs, hardware et software (Open OS) ".

Bada : une nouvelle expérience pour l'utilisateur

Le Samsung Wave est un concentré de tout ce que Samsung sait faire de mieux. Tout d'abord, sur le plan du design, il s'agit d'un produit très élégant, entièrement en métal brossé. " Notons que le design est très important pour Samsung, et c'est d'ailleurs là-dessus que nos clients nous choisissent d'entrée de jeu dans un linéaire. Ensuite, ce que nous avons souhaité mettre dans ce produit, c'est un écran encore jamais vu sur le marché, une technologie développée par Samsung qui s'appelle Super Amoled dont nous allons garder l'exclusivité, et que nous intégrerons à nos produits smartphones à compter du Samsung Wave ". " Cet écran ultra brillant autorise une finesse importante puisque sa technologie nous permet de réduire l'encombrement et l'épaisseur du produit. C'est également une technologie qui consomme moins et qui permet donc, sur un usage smartphone, d'avoir une batterie à la durée de vie plus longue, explique David Eberle. Ensuite, nous avons incorporé à ce produit un OS, dont le nom est Bada mais que nous n'allons pas communiquer au grand public. Cet OS permettra d'avoir une nouvelle expérience client très fluide, très rapide, couplée à un processeur Samsung 1 Ghz autorisant une rapidité d'exécution et une vivacité très forte du produit ". Ce qui se passe, c'est qu'aujourd'hui, dans l'environnement des smartphones, le public ne souhaite pas avoir un produit lent, attendre plusieurs secondes avant d'ouvrir une application, patienter pour accéder à ses mails. La vitesse d'exécution est une chose très importante, et aussi, sur un smartphone, la sensation tactile très fluide. C'est donc ce que Samsung a incorporé dans le Wave, avec également une ergonomie entièrement repensée grâce à Bada, une ergonomie grâce à laquelle tout un chacun peut naviguer très simplement dans les menus sans avoir à consulter une notice d'utilisation.

Un millier d'applications françaises disponibles

Bien entendu, au lancement du produit, nous avons des applications disponibles, et des applications localisées France. Nous avons travaillé plusieurs mois en amont avec les développeurs, en les incentivant, même financièrement, pour qu'ils développent des applications qui seraient disponibles en juin-juillet. Au lancement, bien entendu, nous n'avons pas 100 000 applications mais on peut dire, au courant de l'été, un millier d'applications. Quand je parle d'un millier d'applications, ce sont des applications françaises, c'est-à-dire pas des applications qui viennent de l'autre bout du monde et ne sont pas utiles au consommateur français. Ce sont des applications du type Libération ou Seloger.com. On a à peu près, cet été, un millier d'applications disponibles, qui sont globalement aujourd'hui le 20/80 des applications utilisées sur d'autres systèmes d'exploitation. Nous avons bien entendu prévu d'enrichir au cours du temps ce nombre d'applications compte tenu du fait que notre position de leader sur le marché français nous permet d'envisager de forts volumes de diffusion auprès du public. Ces forts volumes intéressent énormément les développeurs, qui se sont au départ mis à développer sur Bada avec notre incentive, mais qui vont dans les semaines qui viennent continuer à développer une grande quantité d'applications pour nous.

Le Galaxy S est-il un iPhone killer ?

" Je ne sais pas si on peut parler d'iPhone Killer pour le Samsung Galaxy S, mais c'est un produit que nous avons souhaité positionner frontalement en tous points avec le produit de la marque en question. Ce produit-là sera supérieur en terme de taille d'écran puisqu'il comportera un écran 4 pouces, mais aussi en terme de qualité d'écran puisqu'il bénéficiera du Super Amoled dont je vous ai parlé précédemment ". Samsung mise aussi sur sa finesse impressionnante, aux alentours de 10 mm d'épaisseur, et une autonomie conséquente, sans compter que l'on pourra retirer la batterie et la changer si besoin est. Et ce Galaxy S, comme toute la série des produits Galaxy que nous avons déjà lancés, sera propulsé par un OS Android, donc l'OS de Google, ce qui lui permettra d'entrée de jeu de pouvoir bénéficier d'Android Market, avec ses 35 000/40 000 applications, mais également de tous les services Google, tels que Street View, qui seront embarqués en natif dans le produit. " La nécessité pour une marque comme la nôtre, qui est multi-produits et fabrique aussi bien des box que des télés, smartphones, netbooks et autres produits grand public, c'est de simplifier la vie de l'utilisateur ". C'est donc dans cette perspective qu'à l'intérieur des nouveaux produits Wave et Galaxy S, il y a une application qui s'appelle AllShare. De simples clics dessus permettent à l'utilisateur de paramétrer son téléphone avec sa télé : il peut paramétrer son téléphone de manière très simple en deux clics pour pouvoir envoyer du contenu de son téléphone vers sa télé ou son PC ou l'inverse, de manière assez fluide. Le but est de laisser le consommateur dans son environnement sans le perturber en lui demandant de lire des notices, de brancher des câbles et de faire des choses qu'il ne comprend pas. Pour l'instant, ce système fonctionne avec des produits Samsung, mais notre mission est de l'élargir.

Pas d'exclusivité pour le lancement

En tant que leader du marché français, souligne Samsung, " nous travaillons bien entendu avec tous les opérateurs et MVNO de la distribution. Pour ces deux produits, la stratégie est de les distribuer chez l'ensemble des opérateurs. Il n'y aura donc ni avant-première ni exclusivité, les produits seront disponibles chez tous nos clients ". En ce qui concerne les smartphones spécifiquement, ces produits nécessitent un traitement spécial au niveau du réseau puisqu'ils consomment beaucoup de data et nécessitent également, pour pouvoir bénéficier d'un usage maximum auprès du grand public, d'être paramétrés correctement. Autrement dit, il ne faut pas que cela entraîne des complications pour l'utilisateur, il faut que les smartphones soient directement utilisables. Pour cela, " nous allons livrer chez les trois opérateurs des versions customisées, qui intégreront leur propre service, par exemple SFR télé  : vous n'aurez qu'à appuyer sur un bouton pour accéder directement à la télé de SFR, et de même chez les deux autres opérateurs ". 

Et david Eberle de conclure : " notre ambition, c'est de réaliser des ventes à hauteur de 3 millions de mobiles smartphones en France cette année. Comme je vous l'ai dit tout à l'heure, nous allons en vendre 10 millions, ce qui représentera donc environ 30% de nos ventes, et correspondra à peu près, sur l'ensemble du marché français, à la part de marché des smartphones. On établit à peu près, lissé sur l'année 2010, aux alentours de 30%, sachant qu'au mois d'avril, cette part de marché se situait aux alentours de 25% et que notre vision à nous, c'est qu'elle terminera certainement au-dessus des 50% sur le mois de décembre. Nous avons donc un objectif ambitieux mais réaliste compte tenu des beaux produits que nous lançons ".
Publié le 30 août 2010