Universal Music s’emporte contre Deezer qu’il juge illégal
Publié le lundi 27 août 2007
En dépit de la bonne volonté affichée par les dirigeants de Deezer.com (ex-BlogMusik) et leur signature officielle avec la SACEM et quelques autres organismes (voir nos éditions précédentes), la partie est loin d’être gagnée pour eux. En témoigne, le coup de gueule d’Universal Music – qui venait d’annoncer en fanfare son accord avec Neuf, la publicité commençant de tourner à plein sur nos téléviseurs). La major du disque, toujours en pointe pour dénoncer pirates, copieurs et exploiteurs, vient en effet de dénoncer vertement l'exploitation qualifiée d’"illégale" de son catalogue par Deezer.com. Son avis est clair et tranché : "Suite aux articles récemment parus dans la presse, Universal Music précise qu'aucun accord d'utilisation de son catalogue n'a été signé avec le site Deezer.com", écrit Universal dans un communiqué envoyé à l'AFP. Communiqué qui s’achève comme un couperet : "En conséquence, le répertoire Universal Music présent sur le site est exploité de façon illégale". La maison de disque dirigée en France par l’inénarrable Pascal Nègre indique qu'elle a aussitôt demandé à Deezer.com de "procéder au retrait de son répertoire" et qu'il "entreprendra toutes les actions qu'il jugera utiles auprès de l'éditeur du site et des sociétés qui en font la promotion". Aussitôt contacté par l'AFP pour un commentaire, Daniel Marhely, cofondateur de Deezer.com, n'a pas souhaité répondre "pour l'instant" sur l'éventuel retrait des titres du catalogue Universal. Il indique juste que "des négociations sont en cours". Le problème de Deezer.com est que son accord avec la SACEM aux termes duquel il s’engage à rétribuer les auteurs à proportion des morceaux lus (il n’y a pas de téléchargement, rappelons-le) n’a que peu de poids en ce qui concerne les détenteurs de "droits voisins", en l'occurrence les producteurs de disques et les sociétés civiles qui les représentent. Or, même si effectivement des négociations seraient en cours avec certains d’entre eux, aucun accord n'avait été signé à la fin de la semaine dernière avec l’une des quatre majors (Universal, EMI, Sony-BMG et Warner) et encore moins avec la SPPF (Société civile des producteurs de phonogrammes en France) qui fédère les indépendants et dont on sait qu’elle est particulièrement remonté contre les sites type Web 2.0 exploitant de près ou de loin dans la musique sans en détenir les droits d’usage. Du reste, interrogé par l'AFP, le directeur général de la SPPF, Jérôme Roger, a jugé "imprudente" l'attitude des éditeurs de Deezer.com. "La position d'Universal est logique, Deezer est en faute du point de vue de la propriété intellectuelle", a-t-il commenté. On comprend d’autant mieux cette levée de boucliers de la part des maisons de disques et des sociétés civiles comme la SPPF, que – dans un article de 01Net - Damien Bancal révélait – mais c’est un secret de polichinelle – que des petits malins ont trouvé le moyen d'enregistrer sur leurs PC les 200 000 titres disponibles théoriquement seulement en lecture via notamment un add-on gratuit couplé à Firefox, avec à la clé un téléchargement des morceaux au format MP3, dans des qualités numériques variant de 128 à 256 kbit/s ! Mais, explique Damien Bancal, un retour à la normale est prévu pour cette semaine : « Les responsables de Deezer promettent que tout va rentrer dans l'ordre très bientôt. C'est un défaut du système de diffusion qui serait à l'origine de ce détournement. ‘Nous sommes au courant, confirme Daniel Marhely, co-fondateur de Deezer.com. Nous passons au 100 % streaming la semaine prochaine pour corriger cette faille. Les fichiers ne seront plus téléchargeables.’